DIX ANS : L’AGE DE RAISON !
L’idée mûrissait depuis quelques temps dans certains esprits, mais il faut bien dire que les 4 entrepreneurs, tous spécialistes du traitement des co-produits, qui un jour de printemps 1995 fondèrent AFOCO, ont créé la surprise dans le monde des professionnels.
Aussi bien les autorités administratives que les industriels à l’origine des co-produits, pour ne pas parler de nombre de nos propres collègues opérateurs, se posèrent de multiples questions : quels étaient donc les véritables objectifs de cette « Bande des 4 », selon l’expression à la fois ironique et évocatrice de sombres machinations, d’un responsable industriel bien connu de l’époque ?
Ils étaient, en fait, beaucoup plus simples qu’on ne l’imaginait, et dénués des arrière-pensées ténébreuses que certains leur prêtaient.
Le souci essentiel était de mieux faire connaître un métier resté jusqu’alors dans l’ombre des grands groupes industriels. Ce métier était pourtant pratiqué, depuis longtemps déjà, par des professionnels ayant développé un vrai savoir-faire, conscients de leurs responsabilités, tant à l’égard des industriels qu’ils déchargent de bien des soucis qu’à l’égard des utilisateurs qui mettent en œuvre les co-produits retraités, le tout dans un esprit de respect absolu de l’environnement.
On pourra m’objecter que tout se passait à peu près bien et que ce coup de projecteur était peut-être superflu ! Ce n’est pas mon avis : le monde actuel exige la transparence, surtout dans un domaine aussi complexe et méconnu.
Depuis le début du XXème siècle, de nombreux entrepreneurs s’étaient intéressés à ces rejets de fabrication, certains avec déjà avant l’heure un véritable esprit « Recherche et Développement ».
Je pense à quelques pionniers. Il y a eu, parmi d’autres, Albert COCHERY qui avait fondé dans les années 60 l’ATUL (Association Technique des Utilisateurs de Laitier) dont l’action a été déterminante dans le développement de l’utilisation des bétons de laitier ainsi que dans la mise au point des techniques de grave-laitier en liaison étroite avec les services des Ponts et Chaussées.
Il est vrai que d’autres, plus nombreux, ont laissé des zones d’ombre par manque de compétence et de moyens, parfois par manque de déontologie.
Aujourd’hui, il est impératif de montrer clairement ce que nous faisons, comment nous le faisons, et quels sont nos engagements de performance vis-à-vis de nos partenaires et vis-à-vis de la collectivité.
Nous avons pu mesurer la justesse de notre démarche lorsqu’il est apparu très vite que d’autres entreprises, parmi les plus réputées dans notre profession, ont rapidement rejoint les « 4 » fondateurs.
Les 15 entreprises membres actifs d’AFOCO à ce jour traitent et valorisent, avec les entreprises qui leur sont directement liées, plus de 80 % des co-produits de la sidérurgie, 100 % des schistes laissés par les houillères, et une part croissante des rejets de la métallurgie non-ferreuse, de la chimie, des usines d’incinération, etc.
L’étroite collaboration que nous entretenons avec le CTPL (émanation de la Fédération Française de l’Acier), notre démarche constructive à l’égard de l’Administration (Equipement, DRIRE, DIREN, Collectivités territoriales, etc.), le soutien que nous apportons aux industriels qui nous font confiance, l’ouverture sur l’étranger à travers EUROSLAG, dont nous sommes l’un des fondateurs, et la NATIONAL SLAG ASSOCIATION américaine, ont fait connaître notre statut de représentant majeur de notre Profession.
Concrètement, je dirai que les effets positifs de la décennie écoulée, mis en lumière lors des manifestations régionales comme dans les conférences internationales, se sont fait sentir, au profit de nos Adhérents, essentiellement sur les points suivants :
sensibilisation accrue, au sein des entreprises, de l’obligation de qualité tous azimut symbolisée par la signature solennelle de la Charte de Bonne Pratique par tous les Adhérents ;
développement des relations de confiance avec nos donneurs d’ordre de l’industrie ;
reconnaissance de la fiabilité de nos processus de fabrication et des caractéristiques des nouveaux matériaux que nous élaborons ;
maîtrise des risques environnementaux ;
prise en considération, enfin, de nos avis, remarques et suggestions dans l’élaboration des normes et règlements.
Ayant été impliqué dès l’origine dans la création et le développement d’AFOCO, mon objectif est de poursuivre dans la voie tracée par les Présidents qui m’ont précédé et de rendre notre association encore plus performante.
La solidarité active de tous les membres est, plus que jamais, nécessaire.
Je suis sûr qu’elle ne me fera pas défaut.
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